Mes derniers articles sur le drame Vincendon et Henry ont intéressé beaucoup d'internautes (les statistiques ont explosé !), mais aussi suscité un certain nombre de commentaires, soit sur le blog, soit par mail direct.
Je vous propose de mette le commentaire de l'ami Jipé directement sur le blog. D'abord parce que Jean-Pierre, guide, a été gendarme sauveteur au PGHM pendant une vingtaine d'années. Il sait donc de quoi il parle quand il s'exprime sur le sujet. Et puis, son humour me plait particulièrement lorsqu'il décrit le quotidien d'un sauveteur en montagne... parfois dérangé au cours d'un repas convivial, ou au cours d'un déduit plus intime... Merci Jean-Pierre pour cette tranche de vie:

Cher Yves, à la question : "fallait-il secourir vincendon et Henry" la réponse des notables, écrivains et bien pensants est très instructive de la pensée de l'époque.
Aujourd'hui, les secouristes professionnels ne se posent plus la question de partir ou pas. Pour des "inconscients" ou des malchanceux, c'est pareil : le but est de les ramener; malgré les risques d'avalanches, ou de nuit, ou dans la tempête, en zone crevassée, sous les éclairs, en rocher exposé aux chutes de pierres, etc - On met le sac sur le dos dès l'alerte donnée.
Bon..., parfois on râle en partant...(au milieu d'un repas au restaurant avec des amis - ou très occupés dans d'autres situations de la vie privée...) et on râle encore devant la moindre difficulté de la progression " mais qu'est-ce qu'il sont venus f....dans ce coin merd..." Mais une fois la jonction effectuée, quand on voit le bonheur des rescapés, on oublie les rancoeurs et ...le dessert abandonné sur la table...et on s'abstient de les gronder. ils sont déjà assez punis comme çà !
A l'époque, et sans secouristes "d'état", je comprends que la question pouvait se poser et le débat que tu me dévoiles est très instructif des mentalités de cette époque (il y a 54 ans quand même). Merci de me le faire découvrir.
à bientôt
jean-pierre