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La montagne a depuis toujours été une source d’inspiration pour la presse écrite, offrant aux journalistes une matière qui a longtemps semblé inépuisable dans des registres aussi variés que les exploits, les drames, l’héroïsme, l’imprudence, l’humour, la fantaisie (volontaire ou non…), la vulgarisation, les sciences, les techniques, les polémiques parfois. Pour autant, l’intérêt porté à la montagne s’accordait-il avec celui des montagnards eux-mêmes, guides et alpinistes ? Pas vraiment. Pas toujours. Il suffit de mettre en regard la presse dite « grand public » avec les revues spécialisées. La même montagne y apparaît sous des jours parfois tellement différents qu’on peine à la reconnaître. Certes, les publics ne sont pas les mêmes. La presse « grand public » s’adresse aux non-initiés, privilégiant autant que possible la spontanéité, le sensationnel, quitte à céder aux approximations, voire à forcer le trait – l’ignorance étant le terreau favori de la crédulité ; le cas échéant, on assène des vérités pas toujours avérées, on porte des jugements définitifs… Dans les revues spécialisées, le propos est à la fois plus technique et plus intime, plus nuancé, plus prudent. Il s’adresse aux aficionados pétris de culture alpine qui partagent les mêmes valeurs – on est entre soi, on sait de quoi on parle, on connaît l’échelle des difficultés, on peut apprécier les performances sans avoir besoin de franchir les frontières du vraisemblable, et il suffit souvent d’une évocation pour susciter l’intérêt, l’admiration, l’envie, le désir.

Entre les hommes et la montagne, c’est une longue histoire, vieille de plusieurs siècles – et certainement bien plus vieille que celle de la presse, voire de l’imprimerie. Difficile en effet de ne pas imaginer que nos ancêtres ont, bien avant nous, levé les yeux vers les montagnes qui les dominaient et se sont interrogés : l’impossible était-il vraiment impossible, ou seulement improbable ? Et l’improbable resterait-il éternellement improbable, ou deviendrait-il possible ? Pour avoir la réponse, les plus intrépides n’ont pas résisté à l’envie de se mesurer aux difficultés de l’altitude, de la verticale, du froid, de l’inconnu… Sans doute ont-ils raconté leurs exploits. Mais la tradition orale s’est perdue dans la nuit des temps, et il ne nous reste aujourd’hui que les écrits – manuscrits, livres et journaux – pour retracer l’histoire de l’alpinisme. Et la comparaison entre ces différentes formes d’expression – qui constituent autant de prismes – n’est pas sans intérêt. Dans la presse, l’événement est traité à chaud, de façon directe, parfois brutale. Dans les livres, la forme est plus policée, le propos plus mature, l’actualité prend la pose – elle devient « présentable ».

Pourtant, il s’agit de la même montagne. Le modèle est resté quasi intact, à quelques éboulements près, et nonobstant une inexorable décrépitude de sa couverture glaciaire. On peut donc apprécier à loisir les « interprétations » des générations successives, et mesurer leur évolution.

 La presse est-elle un témoin neutre des événements ? Donne-t-elle une image pertinente, objective de l’histoire ? Non, évidemment. Au demeurant, ce n’est pas ce qu’en attendent ses lecteurs. Il convient donc de décoder les informations qu’elle propose pour en extraire les faits bruts qui constituent la « matière première » dont disposeront les historiens.

Qui plus est, non seulement la presse n’est pas un témoin neutre, mais il arrive même qu’elle ait un impact sur les événements, qu’elle les modifie, voire qu’elle les suscite. Comment se serait déroulée la conquête du mont Blanc si le savant suisse Horace-Bénédict de Saussure, qui en a conçu l’idée en 1760, avait disposé d’une fanfare médiatique équivalente à celle des « héros » de l’Annapurna ? À quel rythme auraient cédé les sommets des Alpes si L’Illustration, Le Petit Parisien, The Graphic, The Times, The Illustrated London News, l’Illustrirte Zeitung, la Domenica del Corriere, Epoca, ou Paris Match avaient, dès l’origine, tenu en haleine le grand public en publiant les péripéties des premières tentatives, des échecs, des drames, des succès ? Et plus récemment, la génération Desmaison, puis celle des Profit, Escoffier, Boivin, Destivelle auraient-elles été aussi téméraires sans les dithyrambes des grands hebdomadaires illustrés ? On peut même aller plus loin : quel rôle la presse a-t-elle joué dans le regard des hommes sur leurs montagnes ? Pourquoi ne voit-on plus la montagne aujourd’hui comme on la voyait hier ? A-t-elle changé ? Ou est-ce le regard des hommes qui n’est plus le même ? La réponse apparaît avec évidence en parcourant les journaux qui, depuis leur origine, en portent témoignage. C’est précisément l’objet de cet ouvrage : feuilleter les journaux qui ont parlé de la montagne, particulièrement ceux dits « grand public », écrits le plus souvent par des non-spécialistes à l’attention de non-initiés. S’intéresser aux sommets, aux drames et aux exploits, aux victimes et aux « héros » qu’ils ont évoqués, révélés, célébrés – créés parfois. Les suivre dans leurs choix. Les laisser raconter l’histoire de l’alpinisme. À leur façon.

 

 

Il est enfin en librairie... Un beau bébé de quelque 320 pages illustrées de près de 400 reproductions de journaux couvrant la période du 18ème jusqu'à nos jours. Des articles et des illustrations sélectionnés parmis les milliers de journaux et de magazines (grands public - j'ai volontairement laissé de côté les revues spécialisées) que j'ai rassemblés depuis... 50 ans ! Les grands thèmes sont ceux que les journalistes ont affectionnés au fil des 200 ans que couvre cette rétrospective : les grands sommets (mont Blanc, Cervin, Everest, Annapurna...), les drames, les guides, les femmes, les héros... Et comme tous les beaux livres des Editions du Mont Blanc Catherine Destivelle, il ne faut pas hésiter à... le déshabiller. Sous la jaquette, la surprise :

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On commence à en parler

Grand Air - 15 OCTOBRE 2018 - Grand Air - TéléGrenoble

200 ans d'histoire de la montagne avec l'écrivain Yves Ballu, une expé ski et snowboard dans le Karakoram en Himalaya et la présentation des Rencontres Ciné Montagne de Grenoble, 20ème du nom.

http://www.telegrenoble.net

 

La montagne sous presse, Yves Ballu, Editions du Mont-Blanc

Yves Ballu, spécialiste de l'histoire de l'alpiniste et collectionneur revisite 200 ans de drames et d'exploits depuis la 1ère ascension du Mont-Blanc en 1786 . Les sommets, Le Mont-Blanc,le Cervin, Les alpinistes, les hommes, les femmes, les guides, les accidents, les drames, les héros. Yves Ballu parcourt les unes de la presse.

https://www.francebleu.fr

Le 25 novembre prochain de 11h à 12h dans l'émission "Passion Montagne" (podcastable ensuite) :

Une séance de dédicace est prévue à La librairie des Alpes (6 rue de Seine à Paris) le samedi 8 décembre de 17h à 20h.

Un avant-goût

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