L'affaire remonte à 1983... Elle a refait surface suite à la publication d'une interview dans  Le Dauphiné Libéré du 4 janvier  où je révélais que j'étais l'auteur anonyme d'un article paru dans le Monde, dans lequel je déplorais le comportement catastrophique du Ministre du Temps Libre, André Henry. Ce dernier a immédiatement réagi en m'adressant par l'intermédiaire du Dauphiné, la lettre ci-dessous. Le début d'une correspondance... animée. Pour ceux que ça intéresse...


LETRE D'ANDRE HENRY ANCIEN MINISTRE DU TEMPS LIBRE

Monsieur,

Le Dauphiné Libéré du 4 janvier dernier publie une « révélation » de votre part. Vous auriez, par un article anonyme dans le Monde, « torpillé » le Ministère du Temps Libre ! Quelle révélation ! 48 h après, je savais qui était l’auteur – vous – et deux personnes étaient prêtes à confirmer. J’ai décidé de me taire pour ne porter aucun tort au Cabinet d’Edwige Avice. Même si nos relations n’étaient pas chaleureuses, je ne suis pas du genre à profiter d’une imbécillité qui qualifie son auteur. Mais, voyez-vous, j’ai toujours gardé sur moi, votre nom… et même vos adresses. Témoignages d’une petitesse.

En réalité, vous n’avez rien torpillé du tout. Au contraire, les témoignages de soutien qui ont suivi, y compris à l’Élysée et au gouvernement m’ont plutôt conforté.

Mais à quoi bon vous dire tout cela. Ce misérable secret était encore trop lourd pour vous, vingt-cinq ans après ! Vous avez du avouer, à vous-même, et à un journaliste sans doute trop heureux du scoop ! Et quel scoop !

Monsieur, je vous assure de tout mon mépris.

André Henry

 

(Ancien ministre du Temps Libre)


Voici l'article du Monde :

Tribune libre parue dans le journal Le Monde du samedi 6 novembre 1982

LETTRE A UN MINISTRE

Comment ne pas gâcher le temps libre?

Le ministère du temps libre, où la jeunesse côtoie le tourisme et où les sports flanquent la culture populaire, n'a jamais trouvé son équilibre. Est-ce dû à ce ministère-gadget que l'opposition dénonçait dès sa naissance ? Est-ce à cause d'un manque de moyens budgétaires? Le haut fonctionnaire dont nous préservons, à sa demande, l'anonymat et dont nous publions ci-dessous la lettre, pense que le coupable est le ministre lui-même : M. André Henry.

Monsieur le ministre,

Un sondage récent vous place en deuxième position derrière le ministre de l'intérieur, au hit-parade des ministres indésirables.

Il est vrai que les sondages valent ce qu'ils valent et que le ministre de l'intérieur peut raisonnablement s'attendre, compte tenu du caractère ingrat de certaines de ses attributions, à figurer en haut de cette échelle de l'impopularité.

Mais vous êtes en quelque sorte, monsieur le ministre du temps libre, le « ministre des bons côtés de la vie », et ce sondage n'est pas un test de popularité dans lequel les inconnus se retrouvent habituellement en dernière position, c'est un test d'impopularité,

Vous n'êtes donc pas inconnu ; et vous êtes indésirable.

Commentant ces sondages accablants et têtus, vous répétez à l'envi que Léo Lagrange — auquel vous vous identifiez volontiers — avait, lui aussi, été la cible des moqueurs, lesquels voyaient en lui le ministre des paresseux ; et vous laissez entendre que si depuis toujours vous passez pour la tète de turc des journalistes, c'est que vous êtes victime d'une campagne, malveillante et organisée, de la part des médias.

Et pourtant... vous avez toujours accepté, avec une émouvante bonne volonté, de vous laisser photographier : dans tes buts du stade d'Épinal comme dans tes manifestations officielles, par la presse des familles comme par celle des célibataires (interview dans « Lui »), et le recueil de vos allocutions, distribué dans vos services, prouve à l’évidence que vous parlez volontiers — et bien — en public.

Alors, pourquoi votre image est-elle si mauvaise dans l'opinion ?

D'aucuns prétendent que votre portefeuille ministériel, dernier fleuron d'une carrière exceptionnelle, faute d'être le sel d'une action gouvernementale efficace et imaginative, est plutôt la vitamine de votre mégalomanie.

D'autres, en pensant à vous, évoquent ce roitelet cosmique rencontré par le Petit Prince dans la région de l'astéroïde 325 :

«Sire... sur qui régnez-vous ?

— Sur tout, répondît le roi avec une grande simplicité (...)

— Et les étoiles vous obéissent ?

— Bien sûr, lui dit le roi. Elles obéissent aussitôt. Je ne tolère pas d'indiscipline.

Mais ce monarque sidéral était en définitive plein de bon sens :

« Ton coucher de soleil, tu l'auras. Je l'exigerai. Mais j’attendrai, dans ma science du gouvernement, que les conditions soient favorables. »

Et, lorsqu'il commandait le lever du soleil, il avait la sagesse de le faire au moment opportun…

Ministre du temps libre, vous auriez pu choisir d'être un ministre d'idées, ayant un rôle de proposition et d'incitation dans les domaines de la jeunesse, des sports, des loisirs, du tourisme, mais également dans ceux de l'éducation, de la communication, de la culture, des transports, etc. Vous auriez pu convaincre les Français qu'avoir du temps libre, c'est bien, mais que n'en pas avoir est quelquefois mieux (les passions se vivent souvent à crédit...!).

Vous auriez pu peser sur les ministères dont vous aviez la tutelle (jeunesse et sports, tourisme) pour les inciter à mener une politique d'ouverture des loisirs (loisirs actifs de préférence) en direction de toutes les catégories sociales. Bref, vous auriez pu être le ferment d'une part importante de l'action gouvernementale.

Au lieu de cela, qu'avez-vous fait?

Côté tourisme, vous avez simplement annexé le champ de compétences d'un secrétaire d'État peu jaloux de ses prérogatives et vous êtes devenu un super ministre du tourisme.

Côté Jeunesse et Sports, il vous a fallu batailler davantage pour soustraire à la tutelle d'un ministre réputé pour son dynamisme et ses compétences celles de ses attributions sur lesquelles vous souhaitiez exercer directement votre tutelle.

Vous avez exigé — parfois avec violence — que les papiers à en-tête, les inscriptions aux frontons des bâtiments et même la dénomination de certains syndicats professionnels soient frappés à l'effigie du temps libre.

Des thèses 1930

Et puis, vous avez créé la « direction du loisir social, de l'éducation populaire et des activités de pleine nature » avec un directeur, des sous-directeurs, des chefs de bureau, tous bardés de substantifs et d'épithètes.

Plus tard, vous avez jeté votre dévolu sur les CREPS, ces établissements régionaux anciennement dévolus à l'éducation physique et sportive, sur lesquels vous vous proposez d'établir votre tutelle, et dans un récent discours vous avez manifesté quelque intérêt pour l'INSEP (Institut national des sports et de l'éducation physique).

Monsieur le ministre, permettez-moi de vous dire que vous êtes tombé dans le piège.

Ministre du temps libre, il vous fallait inciter, imaginer, inventer, rayonner.

Vous avez préféré administrer. Quelle erreur... et quel gâchis !

En caricaturant les thèses socialistes des années 30, non seulement vous avez fait perdre à la notion de temps libre toute crédibilité, mais vous avez gaspillé un formidable potentiel de curiosité, de bienveillance et d'intérêt.

Vous avez également découragé quelques milliers de fonctionnaires — les vôtres — dont l'indignation — pardonnez-leur — ne peut s'exprimer qu'en des occasions rares et anonymes.




Et ma réponse à André Henry :

Monsieur le ministre,

Je regrette qu’un journaliste ait monté en épingle une anecdote que je lui avais confiée en feuilletant divers documents relatifs au ministère Jeunesse et Sports. Vous avez raison, c’était une « imbécillité ».

En retour, je reçois de vous une émouvante révélation : « J’ai toujours gardé sur moi votre nom… et même vos adresses », me confiez-vous. Bigre !... J’aurais mérité cet excès d’honneur ou… cette indignité ! Et vous auriez décidé de « taire » le « misérable secret » pendant de si longues années « pour ne porter aucun tort au cabinet d’Edwige Avice » ?... Cette retenue confine à l’héroïsme, quant on sait les relations détestables que vous entreteniez avec votre ministre délégué. J’ai du mal à croire que si vous aviez eu la preuve que ce texte émanait du cabinet d’Edwige Avice, Matignon et l’Élysée n’en auraient pas été informés immédiatement ?... La grandeur d’âme a des limites… Au demeurant, ce cabinet a cessé d’exister en 1984. Dès lors, quelles raisons aviez-vous de continuer à taire le « misérable secret » tout en conservant sur vous mon nom et mes adresses - pendant 25 ans ?

Je pense que la vérité est différente. Moins noble. Rappelez-vous… Cette lettre ouverte parue dans « Le Monde » du 6 novembre 1982 vous a mis dans une rage épouvantable. Vous avez remué ciel et terre pour débusquer son auteur. Vous avez menacé le journal, enquêté dans votre entourage, suspecté jusqu’à vos plus proches collaborateurs – tandis que les photocopieuses des ministères – y compris le vôtre - tournaient à plein régime, et que ce texte passait de mains en mains ! Mais évidemment, vous n’avez pas trouvé. Pourquoi ?... Parce que je m’étais bien gardé d’en parler à qui que ce soit. Trop risqué (pour Edwige Avice). En d’autres termes, les « deux personnes qui étaient prêtes à confirmer » qu’elles m’avaient identifié vous ont menti. Si toutefois elles existent.

Mais revenons un instant sur cet article du Monde, dans lequel je ne mettais pas en cause le Ministère du Temps Libre, mais le ministre du Temps Libre. Vous, monsieur Henry. Parce que vous étiez en train de torpiller le Ministère du Temps Libre. Par votre mégalomanie. Vous aviez convoqué les directeurs de votre administration pour exiger, sous peine de révocation immédiate, une voiture et un chauffeur pour chaque membre de votre cabinet, vous inondiez 3 ministères d’une revue de presse hebdomadaire vous montrant dans la presse des familles comme dans celle des célibataires, dans les buts du stade d’Epinal comme dans les manifestations encravatées. Vous aviez créé une administration du temps libre, avec une direction du loisir social ( !) ouvrant des conflits stériles. Vous aviez entrepris de rebaptiser les établissements du ministère des sports, et même le corps des inspecteurs Jeunesse et Sports à l’effigie du Temps Libre. Pour en arriver où ?... A cette performance extraordinaire : être le ministre le plus impopulaire du gouvernement (après le ministre de l’Intérieur), alors que, ministre du Temps Libre, vous étiez, comme le suggérait mon papier, le « ministre des bons côtés de la vie ».

A lire votre livre, on pourrait penser que vous avez eu raison, contre tout le monde, avant tout le monde, et que votre action portait en germe toutes les évolutions heureuses de notre société. Qu’en somme, vous avez été un bon ministre, incompris, victime de cabales et persécuté par une presse malveillante dont les « méchancetés » vous sont restées en travers de la gorge (« je ne parviens toujours pas à [en] sourire aujourd’hui »).

Mais alors, pourquoi un ministre aussi exemplaire aurait-il disparu de la scène politique ? Pourquoi ne lui a-t-on plus jamais proposé le moindre strapontin ministériel ?... Les « témoignages de soutien de l’Élysée et du gouvernement », que vous avez pris pour argent comptant, semblent vous avoir fait défaut lorsque, quatre mois après la parution de cet article du Monde, vous avez perdu votre portefeuille ministériel (au profit d’Edwige Avice !).

Et si vous n’aviez pas été un bon ministre, monsieur Henry ? Et si cet échec personnel avait été fatal au Ministère du Temps Libre ? Ministre de l’Education Nationale, de la Justice ou des Finances, votre échec n’aurait jamais été qu’un avatar personnel – une erreur de casting. On vous aurait simplement remplacé. En aucun cas, vous n’auriez été le fossoyeur de votre ministère. Mais le Ministère du Temps Libre, c’est vous qui l’avez créé. Votre responsabilité première – très lourde, j’en conviens, face à une opinion publique qui ne lui était pas acquise d’emblée  – était de démontrer que le Ministère du Temps Libre n’était pas un « ministère gadget ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que votre démonstration n’a pas été convaincante. J'ai vainement cherché dans votre livre "Le ministre qui voulait changer la vie" l’esquisse d’un regret, voire d'une autocritique. Je n’y ai rien trouvé qui laisse à penser que vous assumez une part de responsabilité dans la disparition - sans doute définitive - de ce ministère original, et au-delà, de son concept. Il me semble que cela devrait vous poser un vrai problème de conscience.

En tout état de cause, le journaliste du Dauphiné se trompe lorsqu’il affirme que j’ai torpillé le Ministère du Temps Libre. Je pense qu’au moins sur ce point, nous devrions tomber d’accord.

Yves BALLU


En fait, nous ne sommes pas tombés d'accord. Enfin, pas sur tout. André Henry a tenu à me le faire savoir dans un nouveau courrier que voici :

 

 

Monsieur

 

Votre courrier m’a bien fait rire, tant il ressemble au portrait que quelques uns (unes) de vos collègues de l’époque, m’avaient fait de vous : bravache, affabulateur, peu fiable… et quelque peu mégalo ! Votre vantardise imbécile – vous le reconnaissez vous-même – auprès d’un journaliste, confirme bien cette dernière appréciation.

Quant à ma propre mégalomanie, vous la « démontrez » par d’étranges allégations : le football dans les Vosges pour les 70 ans de mon ancien club, préparés depuis un an… eh ! oui, je tiens parole, puisque j’avais prévu d’y être ; l’exigence des voitures pour les membres de mon Cabinet… c’est pure invention, aucun de ces membres n’ayant demandé, ou eu une voiture (sauf dans quelques cas limités dans le temps pour le Directeur). Évidemment, je n’ai jamais menacé personne de révocation !!! Ce n’est pas dans le pouvoir d’un ministre de casser une nomination ou des nominations que j’avais fait avaliser par le Conseil des Ministres.

Mais vous qui étiez – qui êtes ? – friand de ragots, comment avez-vous pu oublier l’article du Figaro Magazine prétendant que j’étais parti à Hong Kong avec un avion spécial, accompagné de « 80 jolies femmes ». Cela vous a-t-il échappé ? J’en avais bien ri à l’époque avec Jean d’Ormesson, qui, sagement, m’avait conseillé de ne pas répondre.

Monsieur, vous êtes aussi bien naïf, qui croyez encore que votre article dans le Monde – anonyme- pouvait rester secret. Je n’ai pas eu à me démener beaucoup. Vous oubliez en effet que dans mes responsabilités syndicales antérieures, j’avais noué de nombreux et excellents rapports dans la presse ; vous oubliez aussi qu’Henry Grolleau, Directeur de mon Cabinet, en avait noué d’excellents, lui aussi, avec certains membres du Cabinet de Mme Avice. En revanche, oui, je suis allé dire au Directeur du Monde – en face- ce que je pensais du procédé – le sien, pas le vôtre-

Au bout du compte, rien, dans vos dénigrements ne peut cacher le fait que vous avez agi comme un lâche.

Cette lettre clot notre correspondance, et je vous confirme tout mon mépris.

 

André Henry



J'ai hésité à répondre : à quoi bon ?... Et puis je me suis décidé. Pour que l'humour ne perde pas ses droits...

Monsieur le Ministre,

 

Le canular du Figaro Magazine avec ses escort girls vous a fait rire, moi aussi. Je reconnais qu’il y avait de quoi ! Mais comme dit l’adage, on ne prête qu’aux riches : le journaliste qui vous a imaginé en aussi bonne compagnie devait avoir une haute idée de vos performances : « 80 jolies femmes ». Chapeau !

Mon portrait aussi vous a fait rire. Tant mieux. Alors, permettez-moi de poursuivre sur le même registre.

C’est l’histoire d’un ministre juché sur un perchoir de ministre – un ministre perché, en somme. Du haut de son perchoir, aménagé en Cabinet (il tenait beaucoup à la majuscule pour éviter tout malentendu), il régnait sur ses « ministres délégués » dont le perchoir était moins haut (évidemment), sur ses sujets, les fonctionnaires parqués dans de grandes Directions (il les nourrissait d’une revue de presse quotidienne), sur le monde, les autres, leur vie (qu’il avait décidé de changer).

Le problème, c’est que du haut de son perchoir, il n’entendait pas ce qu’on disait en bas. Encore moins ce qu’on chuchotait. Et les portraits de lui qui se murmuraient de bouche à oreille, ne parvenaient pas jusqu’à lui. Il ne pouvait donc pas changer, puisqu’il ne se voyait pas. Au fil des jours, la situation devenait de plus en plus critique (dans tous les sens du terme) pour ce malheureux ministre perché qui n’avait que les journaux (qu’il consultait quotidiennement) pour savoir ce qu’on pensait de lui.

C’est alors que l’un de ses sujets eut l’idée de lui envoyer - par l’intermédiaire d’un journal - son vrai portrait, celui que tout le monde se chuchotait, en bas. Las !... Le ministre perché n’aima pas du tout ce portrait, dans lequel tous ses sujets l’avaient pourtant reconnu. Il identifia en moins de 48 heures son auteur, un individu peu recommandable : bravache, affabulateur, peu fiable… et quelque peu mégalo. Pire : un lâche. Mais dans sa grande mansuétude, il s’abstint de le châtier. Il ne le convoqua même pas pour lui dire son fait – pour lui dire qu’il savait. Non… il resta coi, dans sa grande sagesse. Simplement, il garda pour lui – et sur lui- le nom de cet individu méprisable. Pendant vingt-cinq ans…

Il a aussi gardé son perchoir (après lui, personne n’en avait besoin). Il y est toujours perché, nostalgique, pathétique dans sa solitude… Il continue à rédiger des arrêtés, comme s’il était toujours ministre perché. Par exemple, il écrit, magistral : "Cette lettre clot notre correspondance", s’autorisant même une faute d’orthographe (à l’instar du roi sidéral du Petit Prince, les ministres perchés, ont tous les droits). Il se raconte avec une émouvante persévérance (son dernier livre : « Le ministre qui pouvait changer la vie » est une autocritique bouleversante d’objectivité). Et il attend qu’on lui propose un nouveau perchoir. Il a tellement d’amis hauts perchés qui l’ont en très haute estime : un si bon ministre perché…

*

J’espère que mon histoire, vous aura fait rire, monsieur Henry. A défaut, qu’elle vous aura donné l’idée de jeter un coup d’oeil autour de vous pour constater qu’il n’y a plus personne sous votre perchoir, et d’en descendre. C’est plus facile pour se parler.

Quant à votre histoire de suspect démasqué en 48 heures, dont vous auriez gardé sur vous le nom et les adresses pour épargner le cabinet d’Edwige Avice, je reconnais qu’elle est amusante. Racontez-la autour de vous. Sans rire. La main sur le cœur et des trémolos dans la voix. Je suis sûr que vous aurez un grand succès, et que vous en ferez éclater de rire plus d’un ! Y compris parmi ceux qui, à l’Élysée et au gouvernement, vous ont réconforté par leurs « témoignages de soutien » (mais qui ont fait preuve d’une remarquable discrétion quatre mois plus tard…)

Quant à moi, je continue d’être bouleversé à l’idée que vous ayez gardé sur vous mon nom pendant des dizaines d’années, macérant dans votre rancœur et votre mépris. Dites, ça ne doit pas sentir bon… Votre entourage n’est pas incommodé ?...

Je reste à votre disposition pour continuer à vous faire rire.

 

 

Yves BALLU

... à suivre...